Au bout du rouleau

Je suis au bout du rouleau. Voilà, c’est dit.

Je me sens seule et complètement dépassée. Trop seule. Et fatiguée. Moralement, physiquement, psychologiquement. Au quotidien, je dois gérer beaucoup de choses, toute seule, tout le temps. Surtout en ce qui concerne les filles. La vaisselle, le linge, le ménage, les bains, les rdv chez le médecin, les couchers, les réveils nocturnes, la paperasse, les repas, le changement de couche, les biberons de MissG, les achats pour les filles, la recherche et l’achat des cadeaux et Noël et d’anniversaires (y compris les miens…). Je ne dis pas que mon mari ne fait rien. Il emmène MissG à la crèche, il fait les courses, souvent les repas, il travaille, bosse sur son roman, il joue avec MissG et donne un coup de main si je demande. Mais j’aimerais pouvoir déléguer un peu plus. J’aimerais surtout que de temps en temps il prenne davantage l’initiative, qu’il s’occupe davantage des filles sans que je doive lui demander de m’aider. Quand je le fais, j’ai l’impression de lui demander un service. Une faveur presque. Du coup, la plupart du temps, je préfère ne pas demander (même si c’est bête finalement!).

MissD a beaucoup besoin d’être portée, d’être dans mes bras et elle n’aime pas être en écharpe. Et en plus, je ne peux pas m’assoir, il faut que je marche sinon, elle se tend et s’énerve. Du coup, je ne peux RIEN faire tranquillement. Soit je ne fais pas, soit je fais rapidement et dans les cris la plupart du temps. Elle reste peu de temps seule dans son parc ou son transat et la plupart du temps, elle dort très peu la journée. Elle fait des micros siestes post-tétée dans mes bras et se réveille à peine posée dans son lit. Sauf quand elle ne dort pas la nuit et se rattrape la journée. Je ne peux pas la laisser longtemps avec son père, car d’une part je l’allaite et d’autre part, elle devient vite inconsolable si je ne suis pas là. Et depuis quelques semaines, pour corser les choses, elle ne fait plus ses nuits, se réveille à minuit, s’endort dans mes bras et pleure bruyamment dès que je tente de la remettre au lit. Et ça pendant une à deux heures, une à deux fois par nuit. Quant à MissG, elle fait beaucoup de caprices, de bêtises, de crises, elle me provoque, me répond, n’écoute rien, n’en fait qu’a sa tête. C’est sa façon à elle de réclamer mon attention. Ce qui est compréhensible et normal, puisque je m’occupe si peu d’elle, mais usant!.

Donc, non seulement notre maison est plus ou moins un perpétuel bordel, pas rangée et sale et MissG est bien trop souvent devant la télé, car je ne peux pas jouer tranquillement et posément avec elle puisque sa sœur me réclame sans cesse, mais en plus, j’ai très peu de moments pour moi. Pour me retrouver, pour souffler, pour faire quelque chose qui me plait, pour me détendre, pour prendre soin de moi. Ce qui à la longue devient de plus en plus pesant et difficile à accepter.

J’ai complètement abandonné mon rééquilibrage alimentaire et j’ai résilié mon abonnement à WW, car impossible pour moi de rester motivée, de compter mes points, d’avoir une activité physique. En plus, je me console lamentablement en mangeant. Je n’ai pas touché à ma machine à coudre depuis 5 mois alors que j’ai plein d’idées et de projets et que je souhaitais en réaliser certains comme cadeaux de Noël. J’ai un jardin et je ne peux pas en profiter. Je souhaitais bêcher et préparer mon futur (hypothétique) potager et planter des pieds de rhubarbe et de framboises et maintenant que le froid arrive, c’est sérieusement compromis. Il reste même encore des cartons de notre déménagement dans le salon. Et j’ai parfois une furieuse envie d’aller courir, mais vu ma condition physique actuelle, je risque de me faire mal plutôt qu’autre chose.

Je n’ai aucune vie sociale mis à part sur les réseaux sociaux, via mon statut de blogueuse. Je sors peu puisque n’ayant pas le permis je suis un peu coincée depuis notre déménagement. Je n’ai pas d’ami(e)s dans la vraie vie, seulement des connaissances avec lesquelles je ne suis pas assez proche pour confier mes états d’âme. Je n’ai personne à qui demander un coup de main ou ni une épaule conciliante sur laquelle pleurer et m’épancher de temps à autre. Je ne pense pourtant pas être asociale ni désagréable ou encore étroite d’esprit. Les gens ne s’attachent pas à moi et je ne sais pas pourquoi. C’est vrai que je ne vais pas facilement et spontanément vers les autres, mais je ne suis pas une sauvage pour autant.

au bout du rouleau

Bref, les filles et ce quotidien pesant, routinier et solitaire me prennent TOUTE mon énergie. Du coup, je n’ai plus aucune patience. Je suis fatiguée. Je crie bien trop, trop fort et trop souvent. Je démarre au quart de tour. Je suis à fleur de peau. Je pleure. Je leur dis des choses qui me font honte et qui m’horrifient. Elles m’insupportent. Je ne supporte plus de les entendre chouiner, pleurer, râler, crier à longueur de journée. Je me sens frustrée. J’ai envie d’être seule. Je suis perpétuellement en colère contre tout le monde. J’ai parfois envie de hurler et de tout casser. Et puis, je me sens en dessous de tout, je culpabilise de si mal m’occuper de mes enfants et d’être une si mauvaise maman.

J’essaye de garder la tête hors de l’eau malgré tout. Je me suis inscrite à l’autoécole, même si je ne peux pas aller aux cours de code et je le travaille sur internet au moins. Je prends un minimum de temps pour moi en ayant enfin pris mes RDV de rééducation périnéale et un RDV chez l’ostéopathe pour remettre en place mon bassin bloqué. Et puis, j’essaye d’écrire ici régulièrement et de continuer à faire vivre ce blog qui est ma bulle d’oxygène et ma fenêtre sur le monde extérieur.

C’est dur. Je ne pense pas encore avoir atteint le bout du bout de ma patience et de ma fatigue, mais je ne dois pas en être bien loin. Et je ne sais pas quoi faire, quoi changer, vers qui me tourner pour que ça aille mieux. Attendre que les filles grandissent, que MissG aille à l’école et que j’obtienne mon permis est, je crois, la seule solution pour le moment. Attendre que ça passe. Et puis il y a quand même ces rares et belles journées (ou demi-journée) ou le miracle se produit et ou tout roule parfaitement, sans heurt, sans cri et ou j’ai même un peu de temps pour moi, pour la maison, pour chacune de mes filles et un peu pour mon mari aussi.

Et en attendant, je me demande comment font les autres. Celles qui travaillent. Celles qui ont 3 ou 4 enfants en bas âge ou des jumeaux. Celles qui sont mamans solo…Et qui arrivent à tout gérer, à avoir un intérieur impeccable, des loisirs, une vie sociale et qui s’occupent calmement et posément de leurs enfants. Sans crier, sans s’énerver et en leur proposant de vraies activités. Être mère, femme et épouse à la fois. J’aimerais être cette maman-là et pour l’instant je n’y arrive pas…

Tout ça est un peu décousu mais je suis moi même un peu décousu en ce moment.

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5 commentaires sur « Au bout du rouleau »

  1. Je me reconnais dans ton récit. Je vis les même choses, très souvent à l’heure actuelle. Heureusement, il y a des jours meilleurs, quand j’ai dormi un peu plus, quand j’ai pu faire une petite sortie, quand je vois un peu de monde… Bon courage !

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  2. la vie de maman … J’en ai qu’une, mais l’arrivée de ma fille fut un tsunami dans nos vies.
    Paraît-il que l’arrivée du second est pire. Je pense que c’est pour ça que tu es dans une mauvaise phase. Faire en sorte que vous trouviez tous les deux vos marques pour vous occuper d’elles, de la maison et de vous. Mais il faut l’aide des 2. et je crois que c’est le plus compliqué.
    Ma fille a le même âge que la tienne et c’est vraiment l’âge test … Donc avec l’arrivée d’une deuxième , ça doit être extrême !!

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  3. Je pense que nous sommes nombreuses, nous les femmes, les mamans, à se sentir débordée. Débordées de contraintes, avec au final personne pour nous choyer réellement. Nous les mamans, nous prenons soin de toute la petite famille, avec pour retour l’amour de nos enfants, mis aussi le retour de la médaille ; c’est bien connu, les enfants sont toujours plus durs avec leur maman. Et puis, courir par monts et par vaux nous épuise. Tant que nous sommes là, fidèles au poste, pour assurer le quotidien, nous passons comme inaperçu. Je pense que nous devions un peu plus penser à NOUS, et NOUS faire plaisir, autrement que dans le regard de nos trésors. Bon courage, Mamangrenouille, et saches que bien d’autres mamans sont parfois tristes aussi, avec peu d’oreilles attentives pour les consoler. Néanmoins, en tant que blogueuse, tu nous as, nous, les lectrices ♥

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  4. J’étais moi-même dans ce même état lorsque P’titePuce avait 3,4, 5 mois je pleurais beaucoup, je m’énervais trop sur la grande pour rien parfois, je manquais cruellement de temps pour moi et les nuits étaient très mauvaises bref les premiers mois de bébé j’étais complètement sur les rotules et mon homme m’aidais très peu aussi. Mais P’titePuce grandit, MamzelleG s’occupe seule parfois et surtout mon homme m’épaule et m’aide beaucoup plus qu’avant. Cela vient certainement du fait qu’il soit en accident de travail (fractures à la main) et donc à la maison avec moi mais cela me fait du bien de l’avoir à mes côtés car j’ai plus de temps pour moi et mes amies mais aussi P’titePuce grandit, joue seule dans son parc ou dans avec sa soeur dans le salon à nos côtés et surtout elle dort mieux en journée ainsi que les nuits. Je te rassure parfois la grande fait des bêtises/caprices et la petite refuse une sieste mais j’ai appris à rester calme et j’essaye de ne plus crier.
    J’espère que tu trouveras une solution et que tu arriveras à trouver plus de temps pour toi.
    Des bisous ♥

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  5. On ressent tellement ta détresse! J’aurais envie de te dire de tenir bon, que ce n’est qu’une période, qu’arrivera un moment où tu pourras poser ta petite sans qu’elle pleure, où te retrouveras le goût de les entendre (même chouiner)… Mais je sais que ce genre de mots ne sont d’aucune aide.
    Essaie de prendre du temps pour toi, pour ne pas faire subir à tes filles la violence que tu ressens. La priorité c’est que tu retrouves ta sérénité pour ne plus crier, ne plus criser.
    Prends une journée, un samedi, où tu laisses ton homme gérer et tu te fais une journée détente, au calme, chez une copine, à la piscine, dans une salon de thé, au parc, à la bibliothèque. N’importe où, mais seule. Tu en as besoin 🙂

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